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Photo : License photoMathieu Mouillet

L'Adrar : Chingetti

Carte détaillée

Chingetti est un symbole national. Cette cité fut jusqu’au début du XXème siècle la véritable capitale du pays des Maures. Liée au développement des grandes voies commerciales, son histoire prestigieuse se confond avec celle du pays.

La ville se développe sous le règne des Almoravides, qui ont fondé une capitale à Azougui, à quelques dizaines de kilomètres. A l’ombre d’un peuple prônant le voyage comme un mode de vie, le commerce entre le sud et le nord se développe autour de trois matières précieuses, l’or, le sel et les esclaves. Sous l’impulsion des marchands intrépides qui réussissent à gagner Tombouctou, les villes prospèrent. Chingetti compte jusqu’à 20 000 habitants.

Les caravansérails peuvent alors accueillir jusqu’à plusieurs milliers de chameaux. Marchands arabes et perses y côtoient voyageurs et philosophes musulmans. Commerce et connaissance s’enrichissent mutuellement, et des centres d’éruditions se forment, accumulant le savoir dans des livres. Riche de plusieurs écoles et universités, lieu de rassemblement des pélerins en partance pour La Mecque, Chingetti voit son prestige religieux et culturel s’étendre : dans tout le monde arabe, on la considère comme la septième ville sacrée de l’Islam (après La Mecque, Médine, Bagdad, Jérusalem, Le Caire et Kérouan).

De cet âge d’or subsistent les restes de l’ancien ksar, que le sable de l’erg Ouarane ensevelit peu à peu, et la mosquée du XIIème siècle qui dresse contre vent et marées son minaret aux cinq pointes coiffées d’œufs d’autruches, un animal jadis courant dans la région. Les bibliothèques qui ont fait le renom de la ville conservent à l’abri de leurs murs les précieux manuscrits plusieurs fois centenaires, modestement empilés sur des tables et des étagères poussièreuses. Le toit de l'édifice offre une vue d'ensemble sur la ville ancienne, dont les ruines chargées d'histoire disparaissent peu à peu sous le sable. De l'autre côté de l'oued, la ville nouvelle de béton et de parpaings se développe. Impression curieuse qu'une page se tourne...
 
Les plus nostalgiques iront se rafraîchir à l’oasis de la guela, distante de quelques kilomètres de dunes. Au cœur du désert, citronniers, orangers, grenadiers, pamplemoussiers, figuiers et palmiers dattiers offrent une fraîcheur inespérée, tandis que çà et là poussent le basilic et la menthe sauvage. Si vous avez de la chance, vous passerez la nuit bercé par les chants religieux des élèves.

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