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Tour du monde d'un étudiant

Romain Corraze a fait ce que de plus en plus d'étudiants font au terme de leurs études : un long voyage avant de trouver un travail. Il est revenu avec des images plein la tête et sur son disque dur !

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Romain a su exploiter les nouvelles technologies pour relater son voyage.

De belles vidéos, de belles photos, des récits courts et expressifs, un espace presse, des podcats, des vidéos, un objet fétiche photographié devant des spots touristiques importants, de l'influence sur Facebook et sur Twitter, ... cette initiative a été aussi enrichissante que son long cursus en école de commerce.

Prénom : Romain
Nom : Corraze

Âge : 24 ans

Site Internet : http://www.romain-world-tour.com

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Vous avez récemment terminé un tour du monde. Quelle a été votre motivation première pour partir à l'aventure, sac sur le dos ?

Au départ s'agissait de faire un break à la fin de mes études. Découvrir le monde aussi.


Vous avez été très actif sur Internet durant votre périple. Un compte twitter, une page facebook, un blog, ... est-ce une nouvelle manière ultra-connectée de voyager 1 siècle après les grands explorateurs ? Est-ce la volonté de laisser une trace ? De rencontrer du monde ? De donner du sens au voyage ?

La volonté de laisser une trace, très certainement. De pouvoir permettre à d'autres personnes de trouver des informations sur des destinations qui les attirent. Mais aussi, et surtout, permettre de voyager à ceux qui n'en ont pas forcément le temps ni l'argent.

De donner un sens au voyage également. Pour les lecteurs tout d'abord car lorsque vous lisez un article à propos d'un endroit que vous n'avez jamais visité, vous devez y être transporté par le texte. La vidéo et la vidéo aident à palier le fait de n'y pouvoir y être physiquement !  Il est très important de partager ses émotions. Car le voyage se partage, la plus grosse erreur de ma vie ayant été de ne pas le réaliser au moment ou il aurait fallu d'ailleurs..En écrivant, je pense que l'on donne un autre sens à ce que l'on vit : on prend le temps de poser des mots sur des sensations, des émotions. C'est un vrai travail qui vaut le temps d'être pris. Lorsque j'étais en Argentine et que je me suis fait voler 900 pages de journal de bord, j'ai mis énormément de temps à m'en remettre. L'écriture "post-aventure" perd de son sens plus le temps passe. Il faut saisir le moment avec un stylo et un carnet, un peu comme un photographe qui immortalise un instant.

La page Facebook a été d'une aide inespérée. Il m'est arrivé (et m'arrive toujours !) de recevoir régulièrement des messages de personnes que je ne connais/sais pas et qui souhaitaient me rencontrer ! Que demander de mieux ? Rajoutez à ceci la rubrique "Rencontrons nous" sur le blog et oui, on peut dire que les moyens mis en oeuvres avaient pour but de m'aider à rencontrer du monde (ou plutôt LE monde). Twitter est un outil intéressant car il permet de faire découvrir le blog assez facilement et surtout d'alimenter l'aventure via différents types de support (photos, vidéos, articles, petites réflexions personnelles).

Internet, qu'on le veuille ou non est devenu incontournable et les voyageurs évoluent avec. La preuve en est : combien de blogs de voyage existent à ce jour sur la toile ? Des millions et des millions très certainement.

Mais même si j'avais très souvent accès à internet durant mon voyage, croyez le ou non, quelques jours sans la moindre connection, ça fait parfois du bien !


Vous avez "avalé" de nombreux kilomètres, de nombreuses images ont défilé sous vos yeux. Un tour du monde est-il facile à "digérer" ?

L'exercice le plus dur, comme le plus intéressant consiste effectivement à "décanter" tout ça (d'ou l'intérêt de l'écriture via un blog ou un journal). La digestion prend du temps c'est certain. Pour ma part, j'ai continué à vadrouiller de temps à autre pour atterrir en douceur. J'ai aussi la chance d'avoir pu ramener un grand nombre d'images et il m'est toujours facile de repartir voyager quelques secondes en double-cliquant sur un fichier...Et ça aide ! Le projet vidéo associé au blog va bientôt se terminer d'ailleurs, du moins pour ce qui est de sa première partie.

Ce qui est également difficile à digérer quand on voyage comme cela dans un espace temps limité, c'est de mémoriser ce dont on s'est imprégné. Pour les cultures et les traditions notamment , tout se mélange souvent d'un endroit à l'autre.


Votre famille, vos amis ont certainement du vous poser plusieurs fois la même question : "quel pays as-tu préféré" ? Est-il possible de répondre à cette question ?

Voila en effet la question que l'on me pose au moins une fois par jour en ce moment ! Et c'est à chaque fois que je réponds : "Il n'y a pas UN pays, il y a DES pays". Impossible de faire un choix unique. Chaque pays possède son charme, son patrimoine culturel, ses paysage, ses habitants.

Il serait donc un peu sectaire de ne sélectionner qu'une destination, car on ne peut pas comparer l'incomparable (pour exemple, j'ai préféré me retrouver dans la crasse Indienne et de vivre une expérience intense, plutôt que de me retrouver à boire un cocktail dans l'une des plus hautes tours du monde à Shanghai). Néanmoins, j'insiste sur une sélection de mes coups de coeur, à savoir le Guatemala, la Colombie, l'Inde, le Népal, le Vietnam.


Après ce tour du monde, vous trouvez-vous changé ? En d'autre terme, voyez-vous le monde autrement ?  Est-il facile de reprendre le cours normal de sa vie ?

Je suis revenu en étant différent, c'est certain. J'ai perdu des convictions, j'ai ai gagné d'autres. Observer l'être humain est la plus belle comme la plus cruelle des choses. Belle car en voyageant, on assiste à des scènes de tendresses et d'amitié exceptionnelles (je pense notamment à l'accueil qu'il m'a été fait dans certaines parties reculées de la Colombie, d'une chaleur hors du commun) mais aussi cruelle car l'homme est aussi mauvais, en témoignent par exemple le camp d'extermination de Phnom Penh au Cambodge que j'ai pu visiter. De nos jours, lorsque l'homme qui n'a rien doit être violent pour survivre, que faire ?

Il n'est pas facile de retourner à un "cours normal" de la vie. Lorsque je parlais avec d'autres voyageurs, j'avais entendu de nombreuses histoires sur le blues du retour, je refusais d'y croire, jusqu'au moment ou cela m'est arrivé. C'est terrible car je rève souvent de ma vie d'avant et j'aimerai pouvoir récupérer ce que j'avais avant et y mixer ce que ce voyage m'a apporté.



Publié le 30 janvier 2010
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L'article "voyager pour son CV"

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